Points de contrôle, guide à l’achat d’une 2CV

Largement diffusée pendant près de 42 ans et modifiée tout au long de sa carrière, vous devriez trouver votre bonheur. Seule difficulté, trouver un exemplaire dont l’état est en accord avec vos compétences techniques. Mais comment « bien acheter » sa 2CV? Quels sont les éléments à contrôler?

Ca y est vous voulez franchir le pas et faire partie de la grande et belle communauté des deuchistes. Une annonce vous empêche de dormir depuis 3 jours et vous n’attendez qu’une chose : enfin lui rendre visite pour voir dans quel état elle se trouve. Nous vous aidons pour appréhender au mieux ce moment de découverte avec ce guide de points de contrôle.
Après avoir vérifié les papiers, sortez vos lunettes et ouvrez grand les yeux !

1- La carrosserie et le châssis

D’abord un coup d’œil général. Si la voiture semble trop neuve, regardez de plus près si ça a été refait et si c’est le cas vérifiez si ça a été bien fait ou si c’est du camouflage. Fond du coffre, pourtours de vitrages, charnière de capot, baie de pare-brise, gouttière de toît qui supporte la capote ; l’eau de pluie y stagne et aucun trou d’évacuation ne permet d’évacuer -, points de levage du cric, planchers, pieds de caisse et châssis (poussez le contrôle aux pots de suspensions, amortisseurs, longerons), support de rétro, jupe arrière, passage de roue arrière, bas des ailes arrières, sont les endroits les plus touchés par la corrosion.
Et, même si presque toutes les pièces se changent, cela peut rapidement coûter cher. Comptez, par exemple,  1300 € et 30h de main d’œuvre pour le châssis. Vérifiez aussi les portes, le bas se perce très vite. Si la charnière est HS, le risque est de devoir changer le tout, capot compris.

2- État général

Des points plus généraux mais qui ont une grande importance pour donner un avis sur l’état de santé d’une 2CV. La capote, les cylindres de roues, les fixations de siège, volet d’aération, plancher pédales, dessus du châssis…

3- Sous le capot

Côté mécanique, pas de problème si l’entretien a été respecté. Moteur et boîte de vitesse sont en effet solides (cette dernière devient bruyante à partir de 100 000 kms) mais prenez garde à tous les éléments qui constituent le refroidissement du moteur comme les conduits de chauffage. Le filtre à air est à ouvrir, si il est poisseux et dégorge de substance c’est qu’il n’a pas été soigné. Aussi, vérifiez les durites ainsi que les joints de cardans (il ne faut pas qu’il y ait de trous) et globalement tous les joints divers. Enfin, jetez un œil à l’état du pot d’échappement et du silencieux (par dessous obligatoirement pour ce dernier). Attention aux fuites d’huile !

Si la 2CV est roulante, une fois le starter repoussé, vous apercevez de la fumée sortant de l’échappement ? Fumée bleu au ralenti, mais aussi et surtout à la franche accélération ? C’est incontestablement un soucis d’étanchéité, l’huile passant dans la chambre de combustion à cause de segments usés ou parce que l’huile s’infiltre entre la tige et la queue de soupape. Vous voilà prévenu, le moteur est âgé, vous allez devoir envisager une réfection. Fumée noire : elle est synonyme de mauvais réglages de carburation.

4-Divers

Levez la voiture au cric si le vendeur vous le permet et voyez si l’ensemble se lève de façon « solidaire » c’est à dire que la coque est bien « collée » au châssis. Vérifiez aussi le fond de coffre, la corrosion sur les raccords, les perforations sur les jointures ou éventuellement sur le coffrage des ailes arrières.

Les papiers ! Il y a là un des premiers points à vérifier. Il faudra faire preuve de prudence lors des achats entre particuliers, notamment lorsque les documents du véhicule ne sont pas au nom du vendeur.

Si tous ces points de contrôle sont dans le vert, vous êtes sur une très belle piste. Et pour le reste, avec de la bonne volonté, tout ira bien, car tout se répare !