2CV Charleston – 1981

Un communiqué du service des relations publiques de Citroën daté du 12 septembre 1980 annonce la sortie d’un nouveau phénomène : la 2CV 6 Charleston.

Ce communiqué annonce que Citroën commercialisera à partir du 1er Octobre 1980 une série spéciale de 8 000 2CV, la 2CV Charleston. La 2CV Charleston, telle qu’elle a été présentée au salon de Paris, est une 2 CV 6 Club (moteur 602 cm3, 29 chevaux, 115 km/h, consommation de 5.4L aux 100 à 90km/h et 6.8 en consommation urbaine, soupapes en V, arbre à cames central, bloc/culasse en alliage léger, chemises sèches amovibles) à carrosserie bicolore rouge et noire comportant des décors adhésifs de couleur grise, selon une découpe en arrondi. Les platines de clignotant dans les ailes avant, les supports de feux arrières et l’entourage de goulotte de remplissage d’essence sur l’aile arrière droite sont en plastique noir (au lieu de gris), la barre de support de phares est peinte en noir. Les pare-chocs et la calandre sont gris métallisé jusqu’à Juillet 1984.
Afin de satisfaire les puristes de la 2CV, les phares sont ronds à cuvelage rouge tout comme les roues, avec des enjoliveurs de Dyane 6 jusqu’à Septembre 1981. Les sièges avant et la banquette arrière sont garnis en jersey pied-de-coq noir et blanc. Les sièges avant sont séparés, le poussoir d’ouverture des fenêtres est noir. D’un point de vue mécanique, c’est une 2CV tout à fait standard, conforme au reste de la gamme.

Cette série spéciale sera vendue en France et en Europe au prix de 24 480 Francs. Outre son tissu de sièges spécifique et son dessin signé Serge Gevin, comme celui de la 2CV Spot, la 2CV 6 Charleston reçoit des supports de feux arrière et des platines de clignotants avant en plastique noir alors qu’ils sont gris rosé sur la 2CV 6 Spécial et sur la 2CV 6 Club. Pour les coloris, c’est simple ; elle n’est disponible qu’en peinture deux tons répertoriée au nuancier Rouge Delage AC 446 et Noir AC 200.

Au vu de l’enthousiasme du public et des ventes, la direction de Citroën décide de l’intégrer au catalogue de 1982, et produit désormais en série cette voiture originale. Citroën touche une nouvelle clientèle qui ne se serait jamais dirigée vers la marque aux doubles chevrons sans la sortie de la Charleston (2/3 des acheteurs ont moins de 35 ans) !

2cv charleston 2e serieLa 2CV Charleston fait alors l’objet de quelques modifications ; elle reçoit par exemple des cuvelages de phares chromés et ses sièges sont garnis de tissu uni gris avec un piquage formant des motifs en losange, le même tissu qui viendra équiper les 2CV Charleston par la suite. L’embouti de pare-chocs avant est entièrement peint en gris métallisé. La tirette de starter reçoit quant à elle un voyant de rappel lumineux qui s’éteint lorsqu’elle est repoussée à fond. Les 2CV reçoivent désormais toutes des freins avant à disques (année modèle 1982). Ces modifications ainsi que l’adoption d’un nouveau moteur d’essuie-glace entraînent un changement du faisceau électrique avant. Les Charleston produites jusqu’en Juillet 1984 se reconnaissent à leur baie de pare-brise rouge Delage. Après cette date, la caisse était peinte en noir, la baie est noire également et seul le volet d’aération est rouge, ce qui rompt un peu l’harmonie.

 

Plusieurs finitions de peinture viendront compléter la gamme à partir de Novembre 1981, le jaune Hélios AC 336 / Noir AC 200, et Gris Cormoran (GVP) / Gris Nocturne (GVR) en Juillet 1983. Les roues sont peintes de la couleur des pare-chocs (gris métallisé) et la calandre est grise et noire après Juillet 1984. La Charleston Delage est maintenue.

C’est pour la 2CV Charleston que les entourages de clignotant des ailes avant noirs sont créés. Toutefois, les dernières années de production de la 2CV, dans un souci de simplification de la production, ils sont généralisés aux Special et Club à partir de l’année modèle 1985. Quand, en Juillet 1982 la Charleston Jaune fait son entrée, les acheteurs se demandent bien qui osera rouler avec une voiture aussi voyante ! Sa carrière sera courte, avec seulement 1 an de présence au catalogue.En Juillet 1983 les porte-balais d’essuie-glace sont raccourcis de 4mm. Comme les nouveaux balais, ils sont peints en noir mat. Avec le dernier coloris Gris, en Juillet 1983, Citroën se rattrape et sort un modèle plus classique, qui sera au catalogue jusqu’à la fin de la carrière de la 2CV. Les roues de cette nouvelle Charleston sont peintes en gris métallisé, comme les pare-chocs.
En mars 1984, la mise en peinture des Charleston est simplifiée : la caisse reçoit la teinte foncée (noir ou gris nocturne) et les parties mobiles la teinte claire. Les filets de caisse le long de la capote et au dessus des fenêtres sur les portières sont remplacés par un enjoliveur de gouttière chromé. En juillet 1987, un feu arrière de brouillard positionné sous le pare-choc arrière complète l’équipement de la Charleston.

Jusqu’à la fin de la production en Juillet 1990, le modèle n’évolue guère ; en Juillet 1987, la plaquette de malle arrière perd le double chevron. A ce moment la Club disparaît du catalogue français, la Charleston représente désormais le “haut de gamme” du modèle.

Aujourd’hui, la plus recherchée est évidemment la jaune, du fait de sa rareté.
L’appellation Charleston est choisie pour symboliser les années 1920-1930. Clin d’œil rétro pour une voiture qui entame sa quatrième décennie de production.

La 2CV Charleston restera en production jusqu’au 27 Juillet 1990. Ce sera d’ailleurs elle qui clôturera officiellement la chaîne d’assemblage à Mangualde, au Portugal (finalement 5 autres 2CV seront produites juste après), après une décennie d’existence : presque inespéré pour ce qui aurait dû n’être qu’une série limitée !

Les seules Charleston dont le numéro de série se suivent sont celles de la première série limitée. Toutes les autres, fabriquées au fil de la chaîne, sont mêlées aux différentes versions de 2CV, Spécial et Club, et leur numéro de série ne dépend que de l’année de fabrication, c’est-à-dire commençant par 68KA en 1981, 77KA en 1982 ou 88KA en 1983…
Après Juillet 1988 et la fermeture de l’usine de Levallois, la Charleston est assemblée au Portugal. Dans cette unité de production, le travail reste artisanal et les plaques de numéro de série sont placées en vrac dans une boîte. Les ouvriers puisent ainsi un numéro au hasard et leurs valeurs ne se suivent pas d’une voiture à l’autre.

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Michel PANISSE
Michel PANISSE
1 mois il y a

Concernant le numéro de série, vous parlez de l’année modèle ou bien de l’année civile ?
Ex: 68 KA pour année 81 ou modèle 81?