2CV Sahara – 1959

Citroën crée la sensation lorsqu’il présente à la presse au mois de mars 1957, à la Mer de sable d’Ermenonville, un prototype de 2CV à 4 roues motrices. Avec ses deux moteurs de 425 cm3, cette 2CV dispose de toute la puissance nécessaire pour évoluer en tout-terrain.

Née en 1958 d’une idée de créer une voiture simple et susceptible de remplacer la Jeep, M. Bonnafous résout à la fois la consommation et les problèmes de disponibilité et de coût des pièces détachées de la Jeep. La 2CV Sahara serait destinée avant tout à se déplacer dans le désert du Sahara où la recherche et l’exploitation des gisements pétroliers sont en pleine expansion. Impossible de la confondre avec une autre 2CV, car le deuxième moteur impose de modifier la porte de la malle afin d’aménager le refroidissement du moteur. Le premier prototype de la 2CV 4×4 présenté à la Mer de sable ressemble à s’y méprendre à une 2CV AZLP ordinaire. Seules ses roues, ses pneus plus gros et sa porte de malle modifiée et entrouverte éveillent la curiosité. Sous les yeux étonnés des journalistes en ce mois de Mars 1957, mais aussi des dirigeants des grandes entreprises françaises de travaux publics, cette surprenante voiture évolue facilement dans le sable avec quatre personnes à son bord et se déjoue de toutes les difficultés que présente le terrain.

Si elle apparaît au catalogue au mois d’Octobre 1958, la production de la “Type AW” (type constructeur) ne débute qu’à la fin de l’année 1960, et sera réceptionnée au service des mines sous le type “AZ 4/4” le 11 octobre 1961. Vue de l’arrière, elle se distingue par ses ailes échancrées et élargies et comme sur les 2CV d’alors seule la lanterne gauche assure la fonction de feu de stop. Aussi, sa porte de malle est profondément retravaillée pour permettre le refroidissement du second moteur.

Deux moteurs de 425 cm3, deux commandes de démarreur, deux réservoirs placés sous les sièges dont les orifices débouchent à travers les portières, quand de face, la 2CV 4×4 se distingue par la roue de secours, présente sur le capot et par son pare-chocs tubulaire emprunté à la 2CV PO. Capable de dominer quasiment tous les terrains et tous les obstacles, ce modèle de 2CV satisfait aussi bien les compagnies pétrolières que les médecins de montagne ou la gendarmerie française des îles de l’océan pacifique. La 2CV 4×4 ne connaîtra que très peu d’évolution au cours de sa courte carrière. Elle se contentera d’adopter des clignotants latéraux plus gros et entièrement en plastique à partir d’avril 1963, comme sa grande sœur la berline, ainsi que des portes ouvrant dans le bon sens à partir de la fin de l’année 1964. Le moteur arrière supprimant tout l’espace du coffre, la roue de secours se retrouve fixée sur le capot dans un embouti spécifique. Par conséquent, les nervures ont disparu par rapport au modèle 01.

Les roues sont montées en 155R400 mais il était possible en option d’avoir les roues en 380. Les ailes avant ont également une spécificité. La partie intérieure qui masque la caisse est biseautée (comme la caisse) pour laisser plus de place aux pneus de dimension supérieure.

Les deux réservoirs d’essence de 15 Litres chacun sont installés directement sous les deux sièges avant. D’un point de vue sécurité, cela laisse perplexe ! Unique 2CV a avoir été équipée d’un levier de vitesse au plancher, la 2CV Sahara cumule les originalités technique. Le levier, qui actionne directement les deux boîtes de vitesse, est relativement dur à manipuler. Sur le tableau de bord, on retrouve la classique grille du changement de vitesse. Il y a deux clés et deux boutons de démarrage – normal, avec deux moteurs. La 2CV 4×4 est disponible dans les mêmes couleurs que la berline.
C’est un véhicule très apprécié en région montagneuse où elle fait des merveilles dans la neige et sur les routes verglacées.

2cv guardia civil espagne

La Guardia Civil espagnole en achète même 80 exemplaires pour ses patrouilles en tout-terrain. Sa production, en France, est confiée à l’usine Panhard de l’avenue d’Ivry, qui assemble les 2CV Camionnettes depuis 1955.

La 2CV Sahara était à vendre au prix de 9 820 francs, tandis qu’une AZLP coûtait 4 750 francs. Elle fut construite à 694 exemplaires entre 1961 et 1967, d’où l’attrait profond des collectionneurs d’aujourd’hui. Sa commercialisation a été limitée par un prix de vente élevé, un aspect quelque peu vieillot à cause de la calandre de l’ancien modèle et puis surtout par son manque d’espace de chargement. Car même si la 2CV était capable de monter aux arbres (ou presque), elle n’avait pas le moindre coffre. Conçue pour le Sahara, la plupart des exemplaires vendus ont du se contenter des routes de l’hexagone ! Au cours de l’année 1967, la 2CV Sahara disparaît du catalogue en toute discrétion, sans bruit.

Moteur : 2 cylindres horizontaux opposés
Cylindrée : 425 cm3
Alésage & course : 66 x 62 mm
Puissance : 12 ch à 4 000 tr/min
Alimentation : par carburateur Solex
Distribution : soupapes en V, arbre à came central
Transmission : 2 boîtes à 4 rapports
Pneumatique : 125 x 400
Poids : 735 kg
Vitesse maximale : 100 km/h

 

 

 

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