La 2CV dans les années 1930

Les années 1930 ; un premier prototype, une première TPV

1934

Citroën dépose le bilan, malgré la Traction qui a 20 ans d’avance sur ses concurrentes. Son plus gros créancier, Michelin, qui lui fournit roues et pneumatiques depuis ses débuts en 1919 reprend l’affaire. André Citroën quitte la société et Edouard Michelin confie la direction du quai de Javel à son deuxième fils, Pierre à qui il adjoint Pierre Jules Boulanger.  Les deux hommes prennent alors les mesures qui s’imposent. Ils sont terriblement efficaces et repartent sur les traces de André Citroën qui avait dans ses projets de donner une petite sœur à la Traction…

1935

La philosophie de la voiture tient dans une note de Pierre Boulanger ; “Faites étudier par vos services une bicyclette à quatre places pouvant transporter deux cultivateurs en sabots, cinquante kilos de pommes de terre ou un tonnelet à une vitesse maximum de 60/65 km/h en ligne droite sur route plate, pour une consommation de trois litres d’essence aux cent. Elle doit être étanche à la pluie et à la poussière. En outre, ce véhicule doit pouvoir passer dans les plus mauvais chemins, doit être suffisamment léger pour être manié sans problèmes par une conductrice débutante. Son confort doit être irréprochable car les paniers d’œufs transportés à l’arrière doivent arriver intacts. Elle doit durer 50 000 kms sans qu’on ait à remplacer aucune pièce. Son prix devra être bien inférieur à celui de notre Traction Avant et, enfin, je vous précise que son esthétique m’importe peu.”

C’est à ce moment, et grâce à Pierre Jules Boulanger que commence véritablement l’histoire de la 2 CV.

1937

Il y aura 49 prototypes différents recensés de TPV (Très Petite Voiture, nom de la 2CV jusqu’en 1948 et sa présentation au salon de l’automobile) avant d’arriver au modèle définitif d’après-guerre que l’on connait. Au début de l’année 1937 un premier engin est prêt. C’est un monstre en Duralinox qui, déjà, a une certaine parenté avec la 2CV.

premier prototype 2cv années 30

1938

Nous ne sommes qu’au début de l’année 1938 et une vingtaine de TPV se relaient sans relâche sur les pistes secrètes du centre d’essai de la Ferté-Vidame. Personne ne voit se profiler le conflit mondial. Pour le personnel dirigeant, il est donc temps de songer à la fabrication avant le Salon de 1939, si l’on veut voir une nouvelle Citroën chez tous les concessionnaires pour son lancement. Une date est même fixée en 1939 pour un début de production comme l’indiquait le compte-rendu de la réunion du conseil d’administration du 15 décembre 1938.

1939

Le 28 Août 1939, un exemplaire définitif de la petite Citroën est présenté pour homologation au service des Mines qui la réceptionne sous la désignation Type 2 CV A.

Très audacieuse dans sa conception et son architecture, la 2CV A de 1939 utilise des matériaux ultra légers issus de l’industrie aéronautique, alors entièrement nouveau dans l’automobile. L’ingénieur André Lefebvre à qui l’on doit déjà la traction Avant est, ne l’oublions pas, un transfuge de la société Avions Voisin après un bref passage chez le constructeur de Billancourt. Fils spirituel de Gabriel Voisin, pionnier de l’aviation avec son frère Marcel, avionneur puis constructeur automobile, André Lefebvre a aussi beaucoup oeuvré sur le projet TPV et y a laissé son empreinte.
Voiture à 4 places et 4 portes. 4 personnes + 50 kgs de bagages peuvent être transportés à 60 km/h. La suspension et les sièges réglables assurent une grande douceur de roulage. Il y a un chauffage l’hiver, une aération l’été. Moteur 375 cm3, 2 cylindres, 4 temps à refroidissement par air. 3 vitesses normales, plus une vitesse surmultipliée et une marche arrière. Toît découvrable. 185 000 Francs. Elle semble prête !

Mais la guerre éclate, la déclaration de guerre à l’Allemagne intervient le 3 Septembre 1939 et le Salon de Paris d’octobre 1939 est aussitôt annulé. On empile une partie des quelques TPV incomplètes le long d’un mur de l’usine. Certaines sont déjà sur le centre d’essai de La Ferté Vidame et y resteront, enfin d’autres seront détruites sur demande du patron, afin d’éviter que les allemands ne s’emparent de ce beau projet.

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