Le centre d’essais Citroën de La Ferté Vidame

La Ferté Vidame se trouve dans le département d’Eure et Loir, à environ 120 kms à l’Ouest de Paris. Le site de la Ferté Vidame est à l’origine un château et son immense parc. André Citroën avait émis l’idée d’acquérir un centre dédié à l’automobile pour parfaire les modèles et c’est après sa mort, en Novembre 1938, que Citroën achètera l’intégralité du domaine, le bureau d’études ayant manifesté son intérêt pour la superficie de 900 hectares et son mur de 2 mètres de haut et de onze Kms qui entoure et protège le parc.
Pierre Jules Boulanger aurait dépensé 5 millions de Francs de l’époque pour acquérir ce lieu top secret.

entree ferté vidame 2cv citroen

La piste dissimulée dans le parc permettra aux employés de la marque aux chevrons de tester les modèles mythiques que nous connaissons aujourd’hui, car c’est bien ici qu’ont roulé les premières 2 CV, DS, SM et autres Type H

Les pistes et les circuits ont été pensés afin de s’adapter aux différentes conditions que l’on peut rencontrer sur les routes ; terre, pavés, crevasses, surfaces plus ou moins lisses, ronds points, feux tricolores, trottoirs… Tout a été pensé afin de faire souffrir les voitures et de tester leur résistance !

Pendant la guerre, Citroën y cacha 3 prototypes première version auxquels on s’intéressa de nouveau dans les années 1970, pour les extraire en 1997, et ce par le toit car car les trois 2CV restantes étaient complètement murées !

La toute première piste d’essai était la cour intérieure de la ferme et les prototypes étaient abrités dans les granges annexes. Le but de ce centre étant de tester les nouveaux véhicules, Citroën améliora tout au long des années ses routes d’essai et un premier circuit routier fut créé ; la ligne de la Simonnerie, pour les tests sur les pavés, la ligne de Neuilly pour les tests sur route (goudronnée), et la ligne de Bourgneuf pour les tests suspensions/amortisseurs car bosselée. C’est sur ces trois axes, le « triangle colonial » que les véhicules subissaient entre 20 et 40 000 kms de tests. Les mécaniciens quant à eux parcouraient chacun 200 à 400 kms par jour, la « balade test » comprenant par exemple de la route classique, un test frein, passage dans la boue et arrêt de quelques minutes pour examiner le véhicule…

L’étanchéité et la résistance aux températures extrêmes pouvaient aussi être étudiées à partir des années 1960, et des hangars seront construits par la suite pour abriter tous les véhicules. Au final, 32 kms de circuits furent donc élaborés, et bien sûr certains modèles ayant roulé sur ces pistes ne dépasseront jamais le stade de prototype…

Les Prototypes 2 CV TPV oubliés dans le grenier de La Ferté Vidame

Les 3 prototypes avaient en effet été entreposés à l’abri des regards pendant des années. Il s’agissait du prototype quasiment prêt pour le salon de l’Auto de Paris en 1939, si la guerre n’avait pas éclatée…

Ces prototypes seront oubliés jusqu’à la fin des années 1970 alors que l’on se questionne sur l’avenir des bâtiments de la ferme, dans lesquels reposent les fameuses 2CV. Sur le site du centre d’essai, chacun se souvient de ces trois modèles de « Toute Petite Voiture » cachés dans le grenier mais dont le grand public n’a jamais eu connaissance.
C’est à l’occasion des 50 ans de la 2 CV (à l’hiver 1997/1998) que la décision fut prise de les sortir de leur sommeil. Le toit de la ferme du centre d’essais de La Ferté Vidame est donc scié et entre-ouvert pour permettre l’extraction de ces trois bijoux. Elles intégreront le conservatoire Citroën.

Deux autres prototypes ont miraculeusement été retrouvés puis conservés. Un premier a été reconstitué en 1968 pour les 20 ans de la 2CV par Citroën, alors que ce dernier était conservé dans des caisses dans les réserves du centre d’essais. Il se trouve désormais exposé à Aulnay Sous Bois au conservatoire de la marque aux Chevrons. Le second a été retrouvé dans les usines Michelin à Clermont-Ferrand et il est conservé au musée Henri-Malartre, près de Lyon.