La 2CV fabriquée...

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La 2CV fabriquée hors de France


En 42 ans de production, la 2CV a été fabriquée a plus de 5 millions d’exemplaires. Dès les années 1950, elle entame une carrière internationale grâce à la volonté du groupe Citroën d’exporter vers le plus grand nombre.

En France, on ne présente plus l’usine de Levallois Perret où débuta en été 1949 la fabrication de la 2CV. Le succès considérable et inattendu étant au rendez-vous après seulement quelques mois, l’usine fait face à un dilemme : comment augmenter la production ? Les cadences ne peuvent en effet pas augmenter aussi vite ! De façon inquiétante, les listes d’attente s’allongent car les ventes sont bien plus importantes que la production. En 1951, la 2CV AU envahie le marché utilitaire, attirant une autre clientèle. Il est temps de réagir.
En France, en plus de Levallois-Perret, la 2CV a été assemblée à l’usine d’Ivry sur Seine à partir de 1953, d’où 560 524 voitures y sont sorties. L’ancienne usine Simca rachetée par Citroën en 1961 réalise des pièces de carrosserie et de fonderie. Le succès de la toute petite voiture étant durable, Citroën envisage alors sa fabrication dans différents pays européens.

Lorsqu’il est temps pour la 2CV d’être lancée sur les marchés européens, Citroën prendra la décision de commencer par le Benelux et de la Suisse.

En Belgique, Citroën possède une usine d’assemblage depuis 1926. Il s’agit de Forest au sud de Bruxelles. Elle y assemble majoritairement des tractions depuis 1934. Les premières 2CV assemblées à Forest sont vendues prioritairement sur le territoire belge et au Luxembourg. Comme en France, la 2CV A et la 2CV AU et leur moteur de 375m3 sont proposées au public.
L’usine de Forest tenant une cadence très respectable, elle permet au mois de décembre 1953 d’approvisionner le marché néerlandais. Au cours de la seconde moitié des années 1950, l’usine exportera aussi des 2CV au Brésil, en Grèce, en Alaska et au Congo Belge.

En Angleterre, la firme française possède une usine qui assemble des voitures de conduite à droite, à Slough. Ces voitures étant destinées à l’Angleterre, à l’Irlande, à l’Australie, à la Nouvelle-Zélande et à l’Afrique du Sud. Au mois de Février 1953, les premières 2CV avec conduite à droite sortent de chaîne (2CV A et 2CV AU). Les 2CV qui y seront fabriquées sont atypique et possèdes des attributs spécifiques tels que les roues de marque Rubery-Owen, des petits phares fournis par Lucas et une capote à lunette arrière en plastique transparent et non en verre. Dès 1953, ces dernières reçoivent une porte de malle en tôle, cet élément n’apparaissant en France qu’en 1957.
Certains modèles sont même équipés en série d’un unique phare anti-brouillard fixé sur le pare-choc ! Quant à lui, le pare-choc recoit des butoirs inhabituels en chrome à l’avant et totalement chromé à l’arrière. Comble du luxe, sur le capot est apposée une mascotte nominée Citroën qui indique au profane anglais le mode de propulsion de la 2CV !
La production de la 2CV cessera en Grande-Bretagne en 1961. En effet, la petite voiture populaire française peine à trouver sa place sur le marché anglais face à la concurrence locale.

En Espagne, l’usine de Vigo fabrique dès 1958 des 2CV camionnettes destinées au marché local et à l’exportation. Toutes les 2CV AZ ou 2CV AZU recevant l’équipement PO (caractéristique des voitures destinées à évoluer sur terrains difficiles) y sont fabriquées. En effet, les routes espagnoles n’étaient pas très confortables et la petite Citroën se fait adopter rapidement.

Au Portugal, c’est l’usine de Mangualde qui aura en charge l’assemblage de la 2CV. A partir de 1988 le site devient le centre exclusif portugais de production de la 2CV et le restera jusqu’en 1990 après avoir fabriqué l’ultime 2CV : une Charleston gris cormoran.

En Yougoslavie, un accord signé avec la société Tomos assure le montage de la 2CV dans l’usine de Koper.

Un autre chapitre glorieux de la petite Citroën s’écrira bien au-delà des frontières européennes.

Au Chili, Citroën Chilena SA voit le jour en 1959 grâce à son usine à Arica. Elle sera la première en Amérique du sud à assembler la 2CV et ses qualités routières exceptionnelles qui connaissent un engouement populaire. Mais la Citroneta chilienne est pour ainsi dire une étrange 2CV, dotée d’une carrosserie trois volumes inhabituelle. Un pick-up et un break complètent la gamme Citroneta à partir de 1963 et l’aventure s’arrête en 1974.

En Argentine, (à Catila) en 1960 est assemblée une 2CV dotée de gros pare-chocs et d’une troisième vitre latérale avec des pièces détachées venant de Levallois. Des accords sont signés en 1971 avec Inda SA au Paraguay ainsi que Quinatar SA en Uruguay et Avils Algaro en Equateur pour le montage local de 2CV et 3CV. La 2CV 6 (602cm3 équipée d’un moteur de 26ch à 29ch) est appelée 3CV en Argentine (cylindrée de 602cm3 pour 32ch).

L’histoire de la 2CV en Argentine s’étale sur plus de vingt ans avec une production totale de + de 220 000 véhicules (Ami 8 Break, Mehari et fourgonnettes incluses, dont environ 77 000 pour les 3CV). De Février 1960 à Avril 1961, des AZL et AZU au capot « tôle ondulée » sont assemblées avec des composantes en provenance de l’usine de Forest. D’où l’expression courante en Argentine de 2CV à « capot belge ». A noter que les 2CV argentines sont équipées de gros pare-chocs, sans quoi les ailes et le capot seraient emboutis dans les stationnements par les pare-chocs beaucoup plus hauts des Ford et autres voitures américaines au long coffre qui empêchaient la bonne visibilité à l’arrière.

La dernière 2CV est sortie des chaînes du quartier de Barracas à Buenos Aires en 1972.

Après le départ de Citroën, un fabricant argentin reprit la production de 3CV et  de Méhari pendant les années 1980 avec quelques modèles comme le IES América et une pick-up nommée IES Gringa.

En Iran, à partir de 1966 une convention sera signée afin de permettre à ce pays de monter des 2CV fourgonnettes, Dyane et même des Baby Brousse à Téhéran.

En Tunisie et à Madagascar des partenariats sont également signés pour l’assemblage de 2CV et de 3CV.

Au Vietnam, entre 1970 et 1975, seront fabriqués des dérivés prénommés Dalat à Saigon.

Les exigences du marché dans un pays étranger n’est pas des moindres. En effet, il est obligatoire pour Citroën de laisser une grosse marge de personnalisation de la 2CV par certaines usines dans certains pays. Les voitures doivent par exemple comporter un certain nombre de pièces détachées produites sur place par des fournisseurs locaux. Et biensûr, il est aussi avantageux de le faire dès lors que cela correspond aux exigences de la clientèle. En Belgique ou en Angleterre par exemple, les 2CV étaient dotées d’une très forte finition et paraissaient bien plus luxueuses.

Cependant, une 2CV restant une 2CV, le coup de poker de Citroën quant à sa fabrication dans le monde entier en est pour beaucoup dans sa renommée et sa popularité !

» Le cahier des charges de la 2CV
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